Photographie et vidéo
Inspirée par les pratiques de Beat Streuli ou de Mohamed Bourouissa, ma photographie révèle un goût pour le photodocumentaire et les questions sociales. C’est notamment le quotidien dans l’espace publique de personnes aux horizons et origines multiples qui marque mon travail de photographie numérique.
Par ailleurs, j’interroge l’esthétique de photographies imparfaites, trop sombres, avec du bruit, floues ... Je pratique alors la photographie à tâtons, jouant avec les réglages.
2020 - 2024
A 500 mètres de chez moi,
Exploration de la Saturation Visuelle publique, 2024
Ce livre constitué de photographies en couleurs, issues de Google Street View, questionne le rapport aux images publicitaires dans les sociétés actuelles qui les surconsomment. Quel est alors notre lien à ces images placardées aux quatre coins du monde ?
A la manière de Caroline Delieutraz, j’ai employé le logiciel Google Street View, un service de navigation virtuelle, à partir duquel j’ai photographié des lieux autour du globe où sont placardées des affiches publicitaires. Dans ces lieux si différents regroupés sous un format livre, le seul point commun pourrait être la consommation d’images, comme souligné ironiquement par ce travail.
Elles semblent suggérer des habitudes de consommation différentes autour du monde qui pourtant s’expriment au travers de publicités pensées sur un même modèle, soulignant une mondialisation qui uniformise les attentes des consommateurs.
Néanmoins, il est à souligner que tous les pays et lieux ne sont pas répertoriés sur Google Street View ; l’utilisation des publicités et des images est sans doute à mettre en relation avec cette absence de représentation sur le logiciel, lui-même symbole de la surconsommation des images.
La Faute de l'Abbé Mouret, 2024
Ce projet évoque le rapport au toucher qu’impliquent les objets de dévotion, reflets du besoin de matérialité et de toucher en spiritualité. Cette thématique est en lien avec celle du roman La Faute de l’Abbé Mouret (1875) d’Emile Zola, critique du catholicisme, et ses mœurs, qui porte en lui la mort et le refus d’une vie terrestre, en contradiction avec ses pratiques courantes.
Composé d’une série de photographies inspirées du roman, ce travail explore le rapport entre le sacré, l’art religieux et les motifs végétaux.
Série, Lille hors du temps, Janvier 2024
Vidéo, "Chaleur humaine", Décembre 2023
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Cette vidéo (10:42 minutes) a pour objectif la mise en lumière d’une culture populaire rurale du Nord-Pas-de-Calais et d’en saisir une forme de poésie. Il n’est pas question de stigmatiser et mettre en scène une classe sociale mais plutôt de dépeindre honnêtement et authentiquement une vie marquée par un goût pour la fête et la convivialité qui peut caractériser la culture du Nord-Pas-de-Calais.
L’idée est ainsi inspirée du journalisme : il s’agit de revenir aux bases d’une définition du journalisme qui affirme qu’il a pour but de donner la parole aux personnes qui, par habitude ou par norme, ne sont pas incluses dans le débat public. Néanmoins, cette production s’éloigne du travail du journaliste pour s’inscrire dans une recherche artistique : alors que le journalisme est à la recherche de l’action, de l’inédit, de l’immédiat ou du sensationnel, ce travail recherche un instant commun, quotidien ; il capture un moment d’échange, d’amour, de partage, de transmission, ce qui rappelle l’œuvre de Raymond Depardon qui revendique la subjectivité du photographe et sa volonté de photographier des «nonsujets», des « temps morts ».
Installation, "Cabinet de curiosités" urbain, Décembre 2023
Ce travail réemploie le concept et l’esthétique du « cabinet de curiosités » afin de présenter au spectateur ce qui n’est ni curieux ni rare, mais plutôt ignoré ou rarement remarqué. Poussé à adopter une attitude curieuse, le spectateur est invité à remettre en question son comportement et son attitude dans l’espace public. De la même façon que dans le film Ouistreham, réalisé par Emmanuel Carrère, les femmes de ménage invisibilisées dans nos sociétés sont mises en lumière, il s’agit dans mon travail de mettre en avant les ignorés et oubliés de la ville.
C’est notamment un travail sur l’humain, en présentant l’autre comme cette réalité qu’on ne veut pas voir ou admettre. Car si ignorer l’autre, dans le sens où on ne le prend pas en considération de façon délibérée, rend la relation avec autrui plus facile, l'éloigner de notre vue ne nous soulage qu’un temps et n’est pas envisageable sur le long terme. Les constructions anti-sans-abris par exemple ne règlent pas le problème qu'est leur dénuement. En présentant au spectateur les invisibles, les travailleurs de nuit... sous une forme inspirée de l’esthétique du cabinet de curiosités, il est mis face à une réalité qui dérange, et qu’il redécouvre.